Alors voilà, ça y est, je peux dire désormais que je suis une marathonienne!!! La classe!! Et quel marathon!!!Je me suis faite embarquée dans l’aventure par deux amies de Bristol, qui l’hiver dernier m’ont dit: “Allez, viens courir avec nous le Marathon du Médoc!”.- le marathon de quoi? jamais entendu parler!- c’est en France, dans le Médoc, un marathon, et tu goûtes plein de très bon vin;
Courir un marathon… c’est déjà complètement fou de courir 42 kilomètres, mais en plus boire du vin en même temps…. comme je ne sais pas dire non, j’ai finalement dit oui, et je me suis retrouvée embarquée dans l’aventure: 10 personnes à faire le déplacement, 9 à le courir, dont 6 anglais, un sud africain, une américaine, une française. J’ai retrouvé l’équipe la veille de la course, sous un grand ciel bleu. Dans l’après-midi, direction Pauillac pour y retirer nos dossards.
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On fait des photos, on rigole, mais on sent la pression monter un peu: après en avoir tant parlé, après les kilomètres d’entraînement, nous y sommes! et là j’entends derrière moi “Prisce!”, je me retourne: tiens, une joueuse d’ultimate nantaise, qui elle aussi sera de la partie! Puis direction le Château de Lamarque pour un apéritif festif, et le repas “Mille-Pâtes”, il faut bien faire le plein de sucres lents avant de partir le lendemain matin!
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Apéritif dans la cour du château, en musique, au kir. Puis direction la tente, immense, pour accueillir près de 1500 convives. Quelle ambiance!! Certains sont venus en force, tels le groupe de 60 personnes, pour fêter les 60 ans d’une des leurs, un groupe de belges, de canadiens, et des bénévoles par centaines pour nous servir (près de 2000 sur tout le week end, pour assurer les ravitaillements le jour de la course, et participer au bon déroulement de l’événement). A peine l’orchestre entame-t-il la première mesure, que déjà la piste est noire de danseurs! Finalement les plats commencent à arriver, accompagnés de leurs vins. Tous les articles que j’ai pu lire sur la préparation à un marathon recommandent de ne pas boire une goutte d’alcool la veille de la course (et certainement pas pendant…). Ben là c’est raté…. comment résister à goûter à des crus du Médoc qui défilent pendant le dîner? Mais on boit tout de même avec modération.
23h30, il est temps de rentrer se coucher. La nuit ne sera pas très longue: lever à 7h pour un petit déjeuner conséquent pour ceux qui arrivent à manger (moi). 8h15, on vérifie nos sacs: dossards, chaussures, chaussettes, gels énergétiques, papier toilette dans la chaussette (non, ce n’est pas pour la rime!), déguisement. Oui oui déguisement, car il faut courir déguisé. Le thème étant “personnages de bandes dessinées”, nous avions choisi Charlie (Où est Charlie) pour la plupart, et on avait un Hulk et une Superwoman dans l’équipe. On se gare un peu en dehors de Pauillac, au milieu des vignes, près du kilomètre 25. On finit de se déguiser, de se préparer, l’une d’entre nous vomit sous le coup de la pression…
On se dirige vers la ligne de départ, et on se rend compte que nous sommes en retard!!! Nous avons 4 minutes pour rallier la ligne de départ!!! Le comble: on se met à courir vers la ligne de départ pour partir à temps!!! On se place juste derrière la banderole ‘départ’, deux minutes avant le coup de feu. “Trois, deux, un, partez!!”, ça y est, cette fois-ci, nous y sommes vraiment, nous sommes partis, dans une ambiance de folie, des déguisements tous les plus loufoques, imaginatifs, créatifs, originaux, les uns que les autres! Un véritable défilé!!! Ca crie, ça rigole. Je suis partie, et je resterai tout le long des 42 kilomètres, avec Kate et Mark. On part doucement, beaucoup de monde nous dépasse, on a le temps d’admirer les costumes. On sort très vite de la ville, et on se retrouve dans les vignes, on traverse un premier château. Une colonne de coureurs s’étend devant nous, au milieu des vignes, ainsi que derrière nous, c’est assez surréaliste, magique. Un hélicoptère tourne autour. Une foule de spectateurs nous encourage sur le bord de la route. Première pause pipi après 10 kilomètres (et pour moi c’est la première d’une longue série..). Les ravitaillements en eau et nourriture (bananes, oranges, barres de céréales) sont très fréquents, et l’eau fait du bien, car il fait chaud.
On se fixe comme objectif de courir le semi marathon, et de voir ensuite comment on se sent, et de courir plus relax ensuite. Au bout du 17ème ou 18ème kilomètre, je me sens vraiment moins bien, mal au ventre. Là je me dis que courir 42 kilomètres, c’est vraiment un truc de fou, et que si je continue à avoir mal comme ça, la seconde partie sera vraiment dure. On atteint les 21 kilomètres en 2h30 je crois. On fait une petite pause à l’ombre. Pour moi c’est immodium, ibuprofène, un gel énergétique. Puis on repart au milieu des vignes, sous une chaleur. Finalement ca va beaucoup mieux. On décide de courir jusqu’au 26ème kilomètre, et de goûter notre premier vin, et marcher un peu. Finalement, on se sent encore bien au kilomètre 26, donc on se fixe l’objectif du 28ème. Finalement je crois qu’on court jusqu’au 30ème, avec juste des petites pauses eau+banane et qu’on goûte notre premier vin au 30ème kilomètre (ou 33, je ne sais plus, il y en avait tellement des kilomètres….). On se fixe comme ça, des petits objectifs à atteindre: on court jusqu’au xème kilomètre, puis on fait une pause, on marche un peu, on mange, boit, goûte du vin. Et petit à petit, les kilomètres sont engloutis. Ca a commencé à être vraiment dur à partir du 36ème. Mais le plus dur était fait. C’est vraiment une course en équipe avec Kate et Mark, à se soutenir, s’encourager, se féliciter tout le long du circuit. Et l’ambiance sur le parcours aide vraiment à tenir le cap. La foule sur le bord des chemins ne désemplit pas, et notre nom marqué en gros sur notre dossard lui permet de nous encourager par notre nom (enfin, il y a eu plus de ‘Kate’ crié, que de ‘Priscille’, il faut croire que mon nom est trop long ou trop compliqué!). Bizarrement les coureurs sont nettement moins euphoriques que lors des premiers kilomètres. On voit quelques ambulances passer, certains assis à l’ombre, essayant de retrouver un sursaut d’énergie. A partir du 38 ou 39 ème kilomètre, on a eu droit à un vrai repas: d’abord les huîtres (pas pour moi, mais l’idée est excellente!), puis stand ‘entrecôte’ (vraiment délicieuse_je n’ai pas mangé une entrecôte entière, juste des petits morceaux), puis tomates cerises, au stand du fromage, je n’ai vu que du raisin (alors que mon objectif était d’atteindre le stand fromage en forme pour pouvoir en profiter…), puis au dernier kilomètre, glace! C’est assez marrant de courir avec un bâtonnet de glace à la main! En arrivant au kilomètre 42 on retrouve deux de nos amis!!! Ils nous ont attendu pour franchir la ligne d’arrivée ensemble! Quelle joie!! On s’embrasse, on se serre dans les bras!! On court les derniers mètres tous ensemble, et sur le tapis rouge de l’arrivée on se donne la main. On en a oublié nos heures de douleur et de souffrance!!Nous sommes les derniers de notre groupe a être arrivés, en 6h05. On récupère une médaille, un sac à dos, et une bouteille!!! On retrouve nos quatre autres compères arrivés une heure plus tôt.
Retour à notre logement, sieste au bord de la piscine, et on évite de trop marcher avec nos démarches d’handicapés….
Pour finir, ce fut une très bonne expérience. Je l’ai fini en 6h05, soit 25 minutes avant le temps limite, et je suis arrivée 4453 sur 6833 compétiteurs qui ont fini le marathon. Si c’était à refaire? Pourquoi pas, mais pas tout de suite… Le même ou un autre? Le même, c’est sûr!! Un autre? Si je résous mes problèmes digestifs quand je cours, pourquoi pas, mais franchement 42 km, c’est un truc de dingue!!! (quelques photos seront intégrées dans le texte un peu plus tard)